Les deux expressions figurent côte à côte sur presque tous les formulaires d'entrée en relation, et il y est couramment répondu comme s'il s'agissait d'une seule question posée deux fois. Ce n'en est pas une. Elles portent sur des périodes différentes, appellent des preuves différentes et servent à l'établissement des fins différentes ; une réponse qui satisfait à l'une laisse fréquemment l'autre entièrement sans réponse.
La distinction s'énonce simplement. L'origine du patrimoine explique comment le client en est venu à disposer d'un patrimoine, au fil d'une carrière ou de plusieurs générations. L'origine des fonds explique d'où vient l'argent précis qui arrive sur ce compte, et quand. Un client qui répond aux deux par le nom d'une société n'a répondu à aucune des deux dans la forme attendue par l'analyste.
L'origine du patrimoine est une histoire
L'origine du patrimoine est un récit couvrant l'ensemble de l'accumulation du client : les entreprises créées et cédées, les revenus professionnels perçus, les successions recueillies, les investissements détenus et réalisés. Elle doit rendre compte de l'ordre de grandeur de la position totale du client, et elle est appréciée sur sa cohérence plutôt que sur sa précision. L'analyste qui la lit se demande si le patrimoine décrit est cohérent avec la vie décrite.
Elle s'établit en conséquence : actes d'une cession d'entreprise, comptes audités, déclarations fiscales, actes de succession, contrats de travail pour des fonctions dirigeantes exercées sur de longues périodes. Ce qu'elle n'est pas, c'est un relevé bancaire, car un relevé montre un solde à un instant et ne dit rien de la manière dont ce solde s'est formé. Le défaut le plus courant d'une réponse sur l'origine du patrimoine est qu'elle explique l'événement le plus récent et laisse les vingt années précédentes sans explication.
L'origine du patrimoine dit comment le client s'est enrichi ; l'origine des fonds dit d'où vient précisément cet argent-là, et les deux s'établissent par des documents différents.
L'origine des fonds est une opération
L'origine des fonds est plus étroite et plus concrète. Elle concerne l'argent qui va effectivement entrer sur le compte : le produit d'une cession nommément désignée, une distribution d'une entité désignée, un tirage sur une ligne désignée. On y répond par les documents précis qui attestent ce mouvement — acte de cession et décompte de clôture, résolution de distribution, contrat de prêt — et par un cheminement clair de l'origine de l'argent jusqu'au compte qui le reçoit.
Parce qu'elle est propre à une opération, elle se répète. Un client fournit un récit d'origine du patrimoine une fois et l'actualise lorsque sa situation change substantiellement ; il fournit une origine des fonds chaque fois qu'un crédit significatif que le schéma habituel du compte n'explique pas vient à arriver. Les établissements qui semblent poser la même question de façon répétée ne le font généralement pas : ils posent la seconde question à propos d'un nouveau mouvement, ayant déjà obtenu satisfaction sur la première.
Pourquoi les confondre retarde un dossier
Lorsqu'un client répond à la question de l'origine du patrimoine par le détail d'une seule opération récente, l'analyste dispose d'une explication pleinement étayée pour un versement et d'aucune explication de la position d'ensemble du client. Le dossier ne peut être conclu, car la question de la cohérence entre le patrimoine et le profil du client n'a pas été atteinte. La demande qui suit apparaît au client comme une répétition, ce qui explique que la correspondance s'allonge au lieu de se dénouer.
L'erreur inverse produit le même résultat. Un historique de vie complet et bien documenté ne dit pas à l'établissement d'où provient l'argent qui arrivera la semaine prochaine, et un analyste ne peut le déduire. Préparer les deux réponses séparément, chacune avec ses preuves, avant la première demande est le moyen le plus efficace de raccourcir un calendrier d'entrée en relation, et c'est un travail réalisable à tout moment, y compris bien avant d'avoir approché un établissement.
Cette note est d'application générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou réglementaire. Elle décrit des pratiques observées auprès des établissements et ne saurait être invoquée à l'égard d'une demande particulière.