Publications · Family office · February 2026

Documents de transmission pour une famille transfrontalière.

Un testament valable dans une juridiction peut être inopérant dans une autre, et une structure peut réussir à détenir des actifs tout en échouant à les transmettre. Ce qui doit exister à côté des documents sociaux.

Une structure transfrontalière est construite pour détenir des actifs, et elle est généralement éprouvée d'abord sur sa capacité à les transmettre. Les documents sociaux établissent qui détient quoi aujourd'hui. Ils ne disent que rarement quelque chose d'utile sur ce qui se passe au décès d'un dirigeant, et la famille découvre l'omission au moment où les personnes qui auraient pu y remédier ne sont plus là pour être consultées.

La difficulté ne tient pas à ce que la succession ait été oubliée. Elle tient à ce qu'elle a été traitée dans une seule juridiction, généralement celle d'origine de la famille, alors que la structure a depuis acquis des actifs, des entités et des membres dans plusieurs autres. Un document rédigé au regard d'un système juridique est appelé à produire ses effets dans quatre, et la question de savoir s'il y parvient reçoit une réponse distincte de chacun de ces systèmes.

Pourquoi un seul testament suffit rarement

Les juridictions divergent sur la loi applicable à la succession, et la réponse peut dépendre de la nationalité, du domicile ou de la résidence habituelle du défunt, et différer pour les immeubles, fréquemment régis par la loi du lieu de leur situation. Un testament unique rédigé sous un seul système peut donc être efficace pour certains biens et inefficace pour d'autres, et la famille ne saura lesquels qu'au moment du règlement.

La réserve héréditaire ajoute une couche supplémentaire. Un certain nombre de juridictions de droit civil réservent des parts déterminées de la succession à certains proches, et ces dispositions peuvent s'appliquer indépendamment des termes du testament et du lieu où il a été établi. Une famille dont les membres résident à la fois dans une juridiction à réserve héréditaire et dans une juridiction de liberté testamentaire évolue sous deux régimes par défaut incompatibles, et une structure qui l'ignore produit un litige plutôt qu'une transmission.

Une structure qui détient les actifs avec compétence mais ne sait pas les transmettre a résolu la moitié la plus facile du problème.

Ce qui accompagne les documents sociaux

Lorsqu'une fondation ou un trust détient les actifs, ses documents constitutifs régissent ce qui advient au décès du fondateur, et ils devraient le dire expressément plutôt que par implication. La succession au conseil ou au trustee, le mécanisme de désignation des remplaçants, le sort des pouvoirs réservés en cas d'incapacité comme de décès, et la situation des bénéficiaires dans chaque juridiction concernée relèvent tous des documents eux-mêmes et non d'une entente entretenue au sein de la famille.

À côté d'eux se placent les dispositions relatives aux actifs détenus en direct : des testaments couvrant les juridictions où ces actifs sont situés, rédigés de manière à s'articuler entre eux plutôt qu'à se révoquer mutuellement, défaut de rédaction fréquent et coûteux. Puis les instruments pratiques nécessaires avant le décès plutôt qu'après — procurations produisant effet dans chaque juridiction concernée et directives couvrant l'incapacité — car une structure dont le dirigeant est vivant mais hors d'état d'agir est aussi paralysée que celle dont le dirigeant est décédé.

Le document que personne ne rédige

Le dernier élément est un exposé de la structure elle-même : quelles entités existent, où elles sont immatriculées, ce qu'elles détiennent, qui sont les conseils, où sont conservées les archives et ce que chaque élément visait à accomplir. Ce n'est pas un acte juridique et c'est fréquemment le document le plus précieux du dossier, car les personnes qui administreront la succession ne sont pas celles qui ont bâti la structure et devront sinon la reconstituer par des recherches au registre.

Son absence est ce qui transforme une administration ordinaire en administration interminable. Des exécuteurs qui découvrent des entités dont ils ignoraient l'existence, dans des juridictions que la famille n'avait pas mentionnées, détenant des actifs dont la finalité n'est consignée nulle part, avanceront prudemment et lentement, et le coût pèse sur la succession. Établir et tenir à jour cet exposé est un travail ingrat qui relève de l'administration ordinaire de la structure plutôt que de sa planification successorale, et il vaut mieux l'actualiser à chaque évolution de la structure que le revoir une fois par décennie.

Cette note est d'application générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou réglementaire. Elle décrit des pratiques observées auprès des établissements et ne saurait être invoquée à l'égard d'une succession particulière.

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